Il n’y a pas que les notes qui comptent

Même si c’est une méthode d’évaluation utilisée dans les écoles depuis très longtemps, le système de notation français est un sujet qui fait parfois débat. Il n’y a pas que les notes qui comptent dans la scolarité et c’est ce dont on va parler aujourd’hui ! Pour aller un peu plus loin, on a demandé à Jean-Pierre, prof de maths dans un collège, son avis sur le sujet. 😉

🤔 Pourquoi le système de notation est remis en question ? 

Tout d’abord, un contrôle évalué avec une note sur 20 est très souvent synonyme de pression pour l’élève. Par exemple, qui n’a pas déjà vu son enfant, stressé, se ronger les ongles à la veille d’un examen ? Et, on ne va pas se mentir, vous deviez être dans le même état à son âge, on se trompe ? 😅 

Il arrive que les notes fassent vaciller la confiance en soi d’un élève. Par exemple, si celui-ci n’obtient pas la moyenne plusieurs fois d’affilée à des contrôles, il se sentira certainement découragé. L’élève risque alors de perdre de l’intérêt pour les matières dans lesquelles il n’excelle pas. En conséquence, cela peut entraîner une baisse d’implication de sa part et un manque de confiance en ses capacités. 

Mais les notes n’affectent pas seulement les élèves en difficulté. En effet, un enfant qui a l’habitude d’obtenir de bons résultats peut ressentir une pression liée à la peur de baisser de niveau, de décevoir son entourage, de ne plus être le meilleur de la classe… Dans ces conditions, c’est une source de stress supplémentaire.

Jean-Pierre nous fait part d’un point important : les notes sont utiles pour « positionner un élève dans le groupe. Cette position permet l’obtention ou non d’un diplôme ». En effet, sans note, il peut être difficile de déterminer le degré d’acquisition des compétences.

Cependant, il ne faut pas que les notes prennent trop d’importance dans la comparaison entre les élèves. L’objectif d’un élève ne devrait pas être d’avoir la meilleure note de la classe ou une meilleure note que son camarade, mais plutôt d’avoir progressé par rapport à son niveau personnel, ses propres compétences. Rien ne sert de se comparer, chacun peut y arriver en allant à son rythme.

Jean-Pierre nous fait également remarquer un autre aspect : « Les notes ne permettent pas de donner la réelle « valeur ou compétence de l’élève » dans un domaine précis ou plus large ». En effet, imaginons que votre enfant soit malade le jour d’un examen. Il sera alors moins apte à le réussir qu’un jour où il est en forme ! 🤒 Cela ne veut pas dire pour autant que les notions ne sont pas maîtrisées.

De plus, « selon le professeur, la notation peut être subjective » explique Jean-Pierre. Par exemple, un contrôle de maths suivra un barème défini à l’avance. Mais un contrôle de français ou de philosophie, par exemple, est plus difficile à noter car il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse : ce sont les idées et l’argumentation qui sont souvent mises en avant. Deux professeurs noteront donc probablement différemment deux copies identiques.

🤩 Quels critères peuvent remplacer les notes ? 

Alors vous allez nous dire : si on ne regarde pas les notes, que regarde-t-on pour déterminer le niveau d’un élève ? Il y a plein d’autres aspects qui peuvent être tout aussi utiles et révélateurs de la progression d’un enfant dans sa scolarité ! 

Jean-Pierre nous précise qu’il est possible de « tenir compte du comportement individuel (effort en classe, respect, écoute… etc.) de l’élève pour l’évaluer. L’appréciation peut aussi jouer un rôle important permettant d’encourager, alerter, conseiller mais aussi souligner les progrès effectués et à venir ».

Les efforts fournis sont un bon indicateur. On peut mesurer la capacité d’adaptation d’un enfant face à un travail qu’il a du mal à réaliser. Si l’élève baisse les bras très rapidement ou sans même avoir essayé, c’est qu’il a certainement des progrès à faire sur différents aspects. 

La participation en classe est un autre point qui aide à mesurer le niveau et l’implication d’un élève. En effet, cela permet au professeur de constater si oui ou non ses élèves comprennent le cours. Pour un élève, c’est le meilleur moyen de progresser, de comprendre et de maîtriser un cours. Alors, il ne faut pas qu’il hésite à lever la main. En cas d’erreur, pas de honte à avoir, c’est totalement normal de se tromper, c’est ce qui nous fait évoluer.

Pour finir, d’autres aspects, un peu plus personnels, peuvent permettre de se rendre compte de la progression d’un élève. Le développement de la confiance en soi, la gestion du stress ou encore son épanouissement, sont des indicateurs qui vont en faveur d’une progression personnelle de l’enfant dans sa scolarité.

🌎 Comment note-t-on les élèves dans les autres pays ?

Partons voir ce qui se passe à l’étranger et comment nos voisins, plus ou moins proches, fonctionnent par rapport aux notations dans le système scolaire

En Finlande, un des pays qui se trouve en tête des classements internationaux en matière d’éducation, les notes vont de 4 à 10. Le but est d’éviter que l’élève se décourage en cas de mauvaise note, l’erreur est mieux acceptée. De plus, ce système de note n’intervient qu’à partir de l’âge de 11 ans.

Dans de nombreux pays, dont les États-Unis, les notations se font avec des lettres. Souvent, elles vont de A à E et les professeurs peuvent ajouter un + ou un – à côté de la lettre pour être plus précis. 

Selon Jean-Pierre : « le problème reste identique mais est simplement « décalé » et seul un commentaire accompagnant le système de notation permettra de préciser les compétences de l’évalué ».

Enfin, au Danemark et en Suède, il n’y a pas de notes pendant une longue période de la scolarité. Ce sont uniquement des appréciations qui servent à évaluer les élèves. L’objectif est de contrôler l’acquisition des compétences sans forcément devoir noter le niveau précis des connaissances.

Pour conclure, « ce système de notation [français] n’est pas idéal, mais il a le grand avantage d’être compris par la grande majorité des parents d’élèves et les élèves eux-mêmes. En général, l’accompagnement de la note par une appréciation permet à l’élève de comprendre ses fautes et de voir comment s’améliorer » explique Jean-Pierre. La solution n’est donc pas de bannir totalement les notes, mais plutôt d’accorder plus d’importance aux efforts, aux appréciations, à l’implication et à la motivation de l’élève, des points qui l’aident dans sa progression.

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