Podcast – Les écrans pour mon enfant : je la joue comment?

Dans ce premier épisode du podcast Schoolmouv, nous parlons d’un sujet qui nous concerne tous : les écrans ! Ils sont omniprésents, ils font partie de notre quotidien et on ne peut plus s’en passer.
Mais pour nos enfants, comment faire ? Quels sont les risques ? Comment protéger nos enfants ? Et comment faire de ces écrans quelque chose de positif?
Nos experts Olivier Viot et Nady El Hoyek, ainsi que Yannick, papa de 2 ados, ont cogité sur le sujet !

Les écrans représentent-ils un risque ? Si oui, quel est-il?

Aucune étude ne démontre à ce jour que les écrans sont responsables à eux seuls d’un retard de développement cognitif. La dépendance est comportementale et non physique et physiologique : il n’y a pas de dépendance physique, le corps n’est pas dépendant en lui-même.

Les écrans agissent comme des injonctions au plaisir. Le cerveau active les zones du plaisir, on s’habitue par le biais de la dopamine, on en veut toujours plus, ça devient un besoin et une habitude.

Le vrai problème vient du manque de stimulations : sensorielles, intellectuelles, sociales, cognitives, …

Les écrans ne sont pas propices au développement des interactions sociales, et donc, par extension, au développement de l’enfant. Cela suppose toutefois une exposition longue et prolongée aux écrans.

Les visio conférences et les cours en ligne provoquent un épuisement mental : manque de communication non verbale, fatigue visuelle, exige une concentration supplémentaire pour compenser l’absence de langage corporel (gérer la caméra, le micro, problème de connexion, etc). L’activité reste la même et linéaire (fixer un écran) et provoque une fatigue supplémentaire.

Le danger vient également de la sensation qu’on enlève à l’enfant quelque chose d’essentiel s’il n’a pas accès à ses écrans (ordinateur, téléphone, tablette, …). Tout est question de dose. Il faut trouver un équilibre et une frugalité dans l’usage. La dépendance arrive au moment où on se prive de faire quelque chose qu’on aime faire.

Un dernier point : attention aux écrans dans la construction de l’identité. Il ne faut pas que cette construction identitaire dépende de la popularité sur les réseaux sociaux. Le point du cyber harcèlement doit également être un point de vigilance.

« Au moment où on décide d’enlever les écrans, on se rend compte que l’enfant se sent mal. (…) Moi, c’est ce que je vois avec mes enfants : quand je décide de leur enlever le téléphone, physiquement ils sont pas bien, ils sont un peu énervés, ils sont pas dans leur état normal. Et donc, à partir de ce moment là, on se demande ce qu’il se passe. »

Yannick

Quels sont les apports des écrans ?

C’est un outil précieux pour la socialisation : parler, rire avec ses amis grâce à son téléphone, via les jeux en ligne, etc. C’est notamment quelque chose qu’on a pu observer pendant le premier confinement. Les écrans font partie du mode de socialisation des adolescents. Les jeux en ligne peuvent être un cocon, un univers personnel pour un jeune.

Les écrans et internet donnent un accès sur le monde. Ils nous permettent de savoir ce qu’il se passe à côté, on a besoin d’évaluer la chance d’être un ado en France.

 Si on considère l’écran comme un outil, il y a un apport évident en termes d’apprentissage. Il nous permet de transmettre des compétences et des connaissances.

L’enseignement est rendu plus accessible et plus inclusif. On ouvre ainsi l’accès à l’enseignement, notamment dans le supérieur.

Enfin, les outils 3D, les jeux vidéos, la réalité virtuelle mais aussi les avatars, par leur interactivité, permettent d’apprendre de façon ludique. L’apprentissage multimodal (textuel, oral, visuel, auditif et kinesthésique) permet une meilleure assimilation. Le mouvement permet aussi un meilleur apprentissage (c’est « l’embodiement »)

« L’embodiement : la cognition est ancrée dans les expériences vécues. (…) Les outils numériques sont interactifs et permettent à l’apprenant d’être en mouvement. Et en bougeant, on apprend mieux. »

Nady El Hoyek

Et selon les âges, c’est différent ?

Logiquement, la consommation d’outils numériques est très différente selon les âges.

Pour les très jeunes enfants, c’est un outil qui permet de l’occuper calmement, de développer son vocabulaire, donne envie de développer son imaginaire. Cela suppose d’avoir des bonnes pratiques dans l’usage. Pour tous, ça reste d’ailleurs un très bel outil pédagogique.

Les capacités de repérage spatial se développent tôt et sont en lien étroit avec le développement moteur. Or, on peut entraîner ses capacités cognitives par le biais des écrans. Les écrans pourraient donc contribuer au développement moteur d’un jeune enfant.

Attention à l’écran baby sitter, avec un contenu qui tourne en boucle, qui hypnotise mais n’apporte pas grand chose en termes émotionnels et cognitifs. L’écran doit rester un outil utile, qui permet d’ouvrir des discussions, d’accéder à des contenus utiles.

Pour les ados, il faut rester vigilant quant à la question de l’identité et aux mauvaises plaisanteries. Un adolescent, dès lors qu’il devient propriétaire d’un écran (notamment un téléphone), doit en parallèle être éduqué aux risques qu’il encourt et comment s’en protéger.

Même en tant qu’adulte, la mauvaise habitude et la pulsion sont là. Il faut donc déjà se poser la question de sa propre relation aux écrans.

Interdire n’est pas forcément la solution. Il faut rééquilibrer les usages et prévenir !

 

Quelques astuces pratiques à utiliser à la maison !

Il faut déculpabiliser, chaque parent fait comme il peut et l’exemplarité n’existe pas réellement. L’important est d’avoir conscience de la situation et de décider ce qu’on en fait. Le droit à l’erreur est normal. Les parents sont au même niveau que les enfants.

Signer un contrat avec son ado : le deal est collé sur le frigo, il y a un droit à l’erreur pour chacun. Engager l’ado dans sa zone de responsabilité.

Couper les notifications !

Challenger son ado : lui lancer le défi de lâcher son écran et observer ce qu’il ressent. Dans la communication et le dialogue, décrypter ensemble les émotions et les sensations ressenties, pour mieux reprendre le contrôle.

Challengez votre ado ! La dopamine, c’est le challenge, c’est l’émotion. (…) Allez, aujourd’hui, on se fait 30 minutes sans portable. Allez on le range. T’es chiche ou t’es pas chiche ?

Olivier Viot

Apprendre à bien utiliser les écrans : les enfants sont des digital natives, il savent instinctivement utiliser un outil numérique, mais il faut leur apprendre à l’utiliser de la bonne façon, notamment pour apprendre.

Faire des pauses : toutes les 20 minutes, quand on suit un cours par exemple. Pendant les pauses, le cerveau continue à travailler, il faut donc aussi savoir ne rien faire, être juste dans le moment présent. C’est aussi ce qu’il se passe lors du sommeil. Lors des pauses, il faut savoir changer d’espace autant que possible.

Le sport et les balades : ce sont des moments précieux et importants : s’aérer l’esprit, faire bouger son corps. Faire des choses ensemble hors des écrans apporte beaucoup.

Fixer un temps d’écran : la limite est connue de tous et devient moins contestable.

En conclusion, le problème ne vient pas tant de l’écran en lui-même mais bien de ce qu’on en fait ! Si on l’utilise comme un outil et non comme un but en soi, on peut en faire de très belles choses. Les outils numériques permettent notamment de nombreux apprentissages, y compris dès le plus jeune âge. Alors à vous de jouer : les écrans oui, mais pour les bonnes raisons et avec modération!

Dîtes nous : comment ça se passe chez vous ? Quels problèmes rencontrez-vous? Quelles astuces et conseils allez-vous mettre en place chez vous ?

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2 Commentaires

  1. XTEL23

    Comment se fixer un temps d’écran journalier maximum alors que certaines utilisations des écrans sont positives ? Idéalement, il faudrait qualifier la profondeur de l’information pour éviter le zapping.

    Réponse
    • SchoolMouv

      Le temps d’écran dépend effectivement de chacun. Et il peut être découpé en plusieurs usage ! Une donnée à prendre en compte est aussi : qu’ai-je d’autre à faire dans ma journée, et ai-je le temps de le faire ? Il faut aussi prendre en compte les usages éducatifs informationnels, de loisirs, etc. On ne peut pas définir le même temps d’écran pour quelqu’un qui travaille devant un écran toute la journée et quelqu’un qui travaille sans ordinateur par exemple. Il n’y a pas de règle absolue, chacun doit tester et adapter selon ce qui lui convient!
      Pour votre 2e remarque, vous pourriez préciser ? 🤔

      Réponse

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