Lutter contre le harcèlement scolaire

En France, le harcèlement scolaire touche plus de 700 000 élèves. Cela représente environ 1 enfant sur 10, et ce, dès le primaire. Mais comment se rendre compte qu’un élève est harcelé, et comment mettre fin à cette souffrance ? Pour nous aider dans ce questionnement, nous avons rencontré Laurène, étudiante de 23 ans, qui a été victime de harcèlement lorsqu’elle était à l’école primaire.

😔 Qu’appelle-t-on « harcèlement » ? 

On parle de harcèlement lorsque ces trois caractéristiques sont rassemblées : 
– la violence physique ou verbale ;
– le caractère répétitif sur une longue durée ;
– l’acharnement d’une ou plusieurs personnes sur une même personne, la victime

Il existe différents types de harcèlement, et voici trois exemples qui touchent particulièrement le milieu scolaire :
– le harcèlement moral : des violences verbales ou non-verbales, des gestes intimidants, des insultes, des moqueries, la propagation de rumeurs, etc. ;
– le harcèlement physique : des gestes violents, la dégradation de matériel, des vols, etc. ; 
– le cyber harcèlement : sur Internet (notamment sur les réseaux sociaux) avec la propagation de photos, de vidéos, de messages d’insultes, d’intimidation, etc.  Dans cette situation, les propos sont souvent anonymes, il est donc plus difficile de savoir qui s’en prend à la victime.

Laurène a vécu principalement le harcèlement moral en primaire. 
« J’étais la première de la classe pendant cette période de ma scolarité, je me prenais pas mal de réflexions là-dessus. Manque de bol, j’ai grandi plus vite que la moyenne, donc j’étais plus grande et plus grosse que tous mes autres camarades. Je n’étais pas non plus la mieux habillée, ni la plus mignonne, ni la plus sportive, donc pas mal de filles se sont acharnées sur mon physique. Pendant les cours de sport, je prenais toujours des réflexions car j’étais maladroite (et surtout mal à l’aise) et pas assez rapide, souple, etc. J’étais souvent la risée dans la cour de récréation, je voyais les gens parler et rire de moi régulièrement. Dieu merci, à l’époque, il n’y avait que MSN, donc je n’ai pas connu de cyber harcèlement », explique-t-elle.

L’erreur à ne pas faire est de comparer ce type de violences scolaires à de simples disputes entre enfants, des petits conflits dans la cour de récréation. Cela est bien plus grave. En effet, le harcèlement sous toutes ses formes est puni par la loi, et peut aller jusqu’à une peine de prison et 45 000 € d’amende.

👀 Comment repérer une situation de harcèlement ?

En général, lorsqu’un enfant est harcelé, son comportement change de différentes façons. C’est à cela que vous devez être attentif. L’observation est donc votre outil principal pour repérer un potentiel harcèlement scolaire. Les signes peuvent être directement rattachés à l’école : votre enfant ne veut plus aller en cours, ses notes baissent, il n’a plus aucune motivation pour le travail, il a peur en allant à l’école… Mais ils peuvent également se traduire par du matériel dégradé, un sentiment d’isolement, de l’agitation, de l’agressivité, une irritation plus présente ou encore la perte d’appétit. Enfin, on peut parfois remarquer des marques sur le corps, de la fatigue, des maux de ventre ou encore des nausées.

Le comportement de Laurène a commencé à évoluer lorsque, comme beaucoup d’enfants harcelés, elle a commencé à croire toutes les méchancetés que tout le monde disait sur elle. Aujourd’hui encore, Laurène a des problèmes de confiance en elle, mais pour différentes raisons. « Je ne suis plus la première de la classe ! », plaisante-t-elle. 

Le harcèlement scolaire a parfois des conséquences dramatiques. Il est donc important de s’en rendre compte à temps pour apporter à votre enfant le soutien et les solutions dont il a besoin. Pour cela, la communication est, encore une fois, la clé !  

👨‍👩‍👦 Comment agir en tant que parents ? 

Un enfant harcelé a souvent du mal à aborder le sujet. Il a peur d’en parler, même à ses parents, et se laisse faire. Cependant, il doit comprendre que vous pouvez l’aider.  

Si vous avez le moindre doute, n’hésitez pas à en parler avec votre enfant. Mais, pour aborder le sujet, évitez de le faire trop « brutalement ». On s’explique ! 

Un enfant harcelé aura du mal à se définir comme tel ou n’osera pas forcément en parler à ses proches. Si vous lui posez une question trop directe, comme « est-ce que tu subis un harcèlement à l’école ? », il risque de répondre négativement même si c’est malheureusement le cas. Posez-lui des questions plus larges sur sa vie à l’école et sur comment il se sent, afin d’aborder le sujet plus subtilement. Et surtout, soyez attentif à ses réponses. 

Encourager votre enfant à communiquer est déjà un grand pas dans votre démarche d’aide et de soutien. S’il est vraiment fermé à la discussion, les frères et sœurs ou cousins et cousines peuvent l’aider à libérer sa parole : c’est parfois plus facile d’en parler à d’autres personnes que ses parents.

Laurène ne se rendait même pas compte de ce qui lui arrivait. « À cet âge-là, c’est facile de rapporter ce qu’il se passe à l’école en rentrant à la maison. Donc je racontais tout simplement mes journées… Cela me paraissait normal. » Ce sont ses propos qui ont fini par alerter ses parents sur la situation qu’elle subissait à l’école.

Votre rôle en tant que parent est d’accompagner l’enfant dans les actions qui permettront de stopper ce harcèlement. Vous l’aiderez ensuite à se reconstruire, reprendre confiance en lui, et guérir de cette période difficile qu’il a traversée. Cela ne se fait évidemment pas du jour au lendemain, tout dépend de l’individu, mais également des mesures qui seront prises pour remédier à la situation.

🙂 Des solutions pour lutter contre le harcèlement scolaire

Les solutions pour aider votre enfant à sortir d’une période de harcèlement scolaire sont multiples. 

Parler de la situation au chef d’établissement semble essentiel. Suite à ce signalement, des mesures concernant les harceleurs seront certainement mises en place. Il peut être judicieux de passer également par une aide médico-scolaire qui établira un constat sur la situation de l’enfant. Cela viendra soutenir vos propos et permettra aussi à votre enfant de bénéficier d’un Projet d’accueil individualisé (PAI)

Laurène nous explique ce qu’il s’est passé dans son école : « Je ne dirais pas que des sanctions ont été mises en place, mais plutôt des avertissements… Les personnes qui s’en prenaient à moi n’ont plus eu le droit de me parler, etc. Je ne pense pas que ce soit la meilleure solution car cela m’a mise dans une position délicate, j’avais l’étiquette de celle qui se plaint et qui se fait harceler (à l’époque, le mot était à peine utilisé). »

Les mesures que l’établissement prend ne suffisent pas toujours. En effet, votre enfant peut ne plus vouloir fréquenter le même établissement après les difficultés qu’il a traversées. Voyez avec lui ce qui l’aidera le plus dans sa situation. Un changement d’établissement peut alors être envisagé pour que l’enfant reparte de zéro, dans une nouvelle école, avec de nouveaux camarades. Pour Laurène, le passage du primaire au collège lui a été bénéfique. En effet, elle nous raconte qu’au collège il y a eu un revirement de situation : « Je me suis épanouie et plus personne ne m’embêtait (même avec l’acné et les bagues). Une des filles qui me martyrisait à l’école est même une de mes meilleures amies désormais. J’ai appris à lui pardonner au collège, mais elle s’en excuse encore tous les ans ! »

Pour accompagner votre enfant sur la durée, consulter un psychologue est une très bonne option. Ce dernier l’aidera à se rendre compte de ce qu’il s’est passé et lui fournira les clés pour avancer, se reconstruire et reprendre confiance en lui et dans les autres. C’est ce qu’à fait Laurène : « J’ai consulté un psychologue le temps de quelques séances. Il a estimé qu’il me fallait une activité externe à l’école. Je voulais absolument faire du poney, alors ma mère m’y a finalement inscrite. J’y allais une fois par semaine et ça m’a fait un bien fou car j’ai rencontré des gens qui ne me voyaient pas de la même manière que mes camarades d’école. »

Pour terminer, le mieux serait encore d’agir avant que le harcèlement n’ait lieu, en effectuant par exemple des actions de sensibilisation. Le ministère de l’Éducation nationale a d’ailleurs mis en place différentes actions dans les écoles. Il souhaite également améliorer la formation des enseignants concernant ce sujet-là afin qu’ils puissent agir rapidement en cas de suspicion de harcèlement. Laurène pense qu’il faudrait « apprendre à tolérer les gens qu’ils aient de bonnes ou de mauvaises notes ! Ce ne devrait pas être une tare d’être le premier de la classe. Les élèves se tirent souvent vers le bas au lieu de se soutenir et il faudrait régler ça dès le plus jeune âge. Aussi, leur apprendre que le physique et la façon de s’habiller, ce n’est pas ce qui compte, et cela vient principalement de l’éducation donnée par les parents ».

Le harcèlement scolaire est un réel problème, parfois difficile à identifier. Soyez à l’écoute de vos enfants et apportez-leur tout l’accompagnement dont ils ont besoin si jamais ils se trouvent dans une situation de harcèlement à l’école.

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